Barème et tranches d’imposition 2026 (pour les revenus 2025) : ce qui change, ce que ça signifie, et comment en tirer parti

Chaque année, le bareme impot 2026 de l’impôt sur le revenu (IR) évolue pour suivre l’inflation. Pour 2026 (imposition des revenus 2025), les tranches présentées sont annoncées comme très proches de celles de 2025, avec une revalorisation envisagée de 0,9 % liée à l’évolution des prix à la consommation. Cette revalorisation reste sous réserve de l’adoption du budget 2026, mais elle donne déjà une bonne visibilité pour estimer votre fiscalité, anticiper votre taux de prélèvement à la source et organiser vos décisions patrimoniales.

Pourquoi le barème bouge (presque) chaque année : l’effet “anti-inflation”

Le barème progressif de l’IR est généralement indexé sur l’inflation: quand les prix montent, les seuils de tranches peuvent être revalorisés pour éviter qu’une hausse “mécanique” des revenus (par exemple une augmentation salariale qui compense juste le coût de la vie) vous fasse basculer plus vite dans une tranche supérieure.

Dans le scénario évoqué pour 2026, la revalorisation de 0,9 % aurait un impact positif très concret :

  • Des seuils de tranches légèrement plus hauts: une part de votre revenu peut rester imposée à un taux plus faible qu’avec des seuils inchangés.
  • Un prélèvement à la source (PAS) cohérent avec le barème actualisé, car l’indexation envisagée s’appliquerait aussi au PAS.
  • Des plafonds fiscaux revalorisés (notamment celui du quotient familial), ce qui peut améliorer l’efficacité de certains mécanismes de calcul pour les foyers avec personnes à charge.

Point important : tant que le budget 2026 n’est pas définitivement adopté, il s’agit d’un barème proposé / envisagé. Dans la pratique, cela reste très utile pour faire des simulations et prendre de l’avance sur vos choix.

Tranches d’impôt 2026 (revenus 2025) : le barème progressif proposé

Voici les tranches approximatives communiquées pour le barème 2026 (revenus 2025), avec les taux applicables par tranche.

Tranche de revenu imposable (par part) Taux d’imposition
0 € à 11 600 € 0 %
11 601 € à 29 579 € 11 %
29 580 € à 84 577 € 30 %
84 578 € à 181 917 € 41 %
Au-delà de 181 918 € 45 %

À retenir : ces tranches s’appliquent au revenu net imposable par part (via le quotient familial), et non à votre revenu total “en bloc”. C’est justement ce qui rend le barème progressif particulièrement intéressant à comprendre : chaque fraction de revenu est taxée à son taux, tranche par tranche.

Votre “tranche d’imposition” : ce que cela veut vraiment dire (et pourquoi c’est utile)

Quand on parle de “tranche d’imposition”, on parle le plus souvent du taux marginal d’imposition (TMI): c’est le taux appliqué à la dernière tranche de votre revenu (celle où “tombe” le haut de votre revenu imposable par part).

Connaître votre TMI est un atout, car il sert de boussole pour :

  • Estimer l’impact d’une hausse de salaire, d’un bonus, d’une prime ou de revenus complémentaires.
  • Arbitrer entre différentes options fiscales (déductions, choix de rattachement, stratégies d’optimisation) en comprenant l’économie d’impôt potentielle.
  • Anticiper vos acomptes et votre prélèvement à la source, afin de lisser votre trésorerie.

Bonne nouvelle : même si votre TMI peut sembler “élevé”, cela ne veut pas dire que tout votre revenu est taxé à ce taux. Seule la partie située dans la dernière tranche est imposée au TMI ; le reste est imposé aux taux inférieurs, tranche par tranche.

Comment se calcule l’impôt : revenu net imposable, parts et quotient familial

Étape 1 : partir du revenu net imposable

Le calcul de l’impôt sur le revenu s’appuie sur le revenu net imposable. Il provient de la somme de vos revenus (salaires, revenus fonciers, etc.), sur laquelle l’administration applique notamment certains mécanismes de réduction de la base imposable (par exemple des déductions et abattements selon les situations).

Étape 2 : diviser par le nombre de parts (quotient familial)

Ensuite, l’administration divise le revenu net imposable par le nombre de parts fiscales de votre foyer : c’est le quotient familial.

Le quotient familial reflète la composition du foyer :

  • Célibataire: généralement 1 part.
  • Couple marié ou pacsé: généralement 2 parts.
  • Enfants à charge: des demi-parts ou parts supplémentaires selon la situation.

Cette mécanique est une excellente nouvelle pour de nombreux foyers : à revenu total identique, un foyer avec davantage de parts peut se retrouver avec un revenu par part plus faible, donc des fractions de revenu imposées à des taux inférieurs.

Étape 3 : appliquer le barème progressif… puis remultiplier par le nombre de parts

Une fois le revenu par part obtenu, on applique le barème progressif (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %) tranche par tranche. Le résultat calculé pour une part est ensuite multiplié par le nombre de parts pour obtenir l’impôt du foyer (hors autres mécanismes éventuels).

Exemple concret : couple marié avec deux enfants (3 parts)

Prenons un exemple simple pour illustrer la logique du quotient familial (les montants exacts peuvent varier selon votre situation, mais la méthode reste la même).

  • Foyer : couple marié avec deux enfants
  • Nombre de parts : 3 parts (2 parts pour le couple + 0,5 + 0,5)
  • Revenu net imposable du foyer : 45 000 €

1) Revenu par part : 45 000 € / 3 =15 000 € par part.

2) Application du barème (logique par tranches) : la fraction jusqu’à 11 600 € est à 0 %, puis la fraction au-delà passe à 11 % (dans cet exemple, on n’atteint pas la tranche à 30 %).

  • De 0 € à 11 600 € : 0 % → 0 €
  • De 11 601 € à 15 000 € : 11 % sur (15 000 − 11 600) = 3 400 € →374 € (approximativement)

3) Impôt du foyer : impôt par part × nombre de parts = 374 € × 3 =1 122 € (ordre de grandeur, hors autres paramètres).

Lecture “tranche” : le TMI de ce foyer est de 11 %, car la dernière fraction du revenu par part est imposée à 11 %.

Ce type de calcul met en lumière un bénéfice clé : le quotient familial peut maintenir une partie du revenu dans des tranches basses, ce qui améliore le niveau d’imposition “effectif” du foyer par rapport à une lecture uniquement basée sur le revenu total.

Revalorisation 0,9 % : les effets positifs à surveiller (PAS, plafonds, quotient familial)

Si la revalorisation de 0,9 % est bien adoptée dans le budget 2026, elle ne concernerait pas uniquement les seuils du barème. Elle serait aussi susceptible de s’appliquer :

  • Au prélèvement à la source: utile pour éviter un décalage entre l’impôt calculé et l’impôt prélevé, et pour garder une retenue plus “juste” au fil de l’année.
  • Aux plafonds qui encadrent certains effets du calcul, notamment le plafond du quotient familial: un point à fort enjeu pour les familles, car il influence l’avantage fiscal maximum lié aux parts supplémentaires.

En pratique, même une revalorisation “modeste” peut produire un résultat appréciable : un barème légèrement relevé, c’est souvent un impôt stabilisé (voire adouci) à revenus comparables.

Pourquoi une simulation est (vraiment) la meilleure approche

Le barème et les tranches sont la base, mais votre impôt final dépend de nombreux paramètres : niveau et nature des revenus, situation familiale, charges déductibles, options choisies, etc. C’est pourquoi utiliser un simulateur est souvent la manière la plus simple d’obtenir une estimation fiable.

Une simulation vous aide à :

  • Comprendre votre tranche (TMI) et votre imposition globale, sans vous perdre dans les détails techniques.
  • Tester des scénarios: hausse de revenu, changement de situation familiale, variation de revenus exceptionnels, etc.
  • Optimiser plus tôt : quand vous anticipez, vous pouvez ajuster plus sereinement votre stratégie (et votre trésorerie).

Autrement dit, le bon réflexe n’est pas seulement de “connaître sa tranche”, mais de mesurer l’impact réel de vos décisions sur l’impôt dû.

Questions fréquentes sur les tranches d’impôt 2026

Le taux de 30 %, 41 % ou 45 % s’applique-t-il à tout mon revenu ?

Non. Le barème est progressif: seul le morceau de revenu qui dépasse un seuil est taxé au taux de la tranche supérieure. Le reste conserve les taux des tranches précédentes.

“Tranche d’imposition” et “taux moyen” : quelle différence ?

La “tranche” renvoie le plus souvent au TMI (le taux de la dernière tranche atteinte). Le taux moyen correspond à l’impôt total rapporté au revenu imposable : il est généralement inférieur au TMI.

Pourquoi mon impôt peut changer alors que mon salaire bouge peu ?

Parce que l’impôt dépend de plusieurs éléments : votre revenu net imposable (après abattements/déductions), votre nombre de parts (quotient familial) et l’actualisation éventuelle des seuils et plafonds. Une simulation permet d’identifier rapidement le facteur principal.

À retenir : une estimation précoce pour des décisions plus gagnantes

Le barème 2026 (revenus 2025) présenté reste très proche de celui de 2025, avec une revalorisation envisagée de 0,9 % sous réserve de l’adoption du budget 2026. Les tranches proposées (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %) et la mécanique du quotient familial donnent une base claire pour comprendre votre TMI et estimer votre impôt.

Le meilleur levier, pour transformer ces informations en résultats concrets, consiste à simuler: vous obtenez une estimation personnalisée, vous visualisez votre tranche réelle et vous identifiez les marges d’optimisation adaptées à votre situation. Avec un peu d’anticipation, la fiscalité devient un outil de pilotage, et non une surprise annuelle.

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